Qui aurait cru que le « modeste » quatre cylindres allait créer une véritable révolution sous les capots, au point de chambouler tous les records et de laisser les experts bouche bée ? À l’heure où l’électrique fait trembler l’essence, le quatre pattes thermique prouve qu’il a le dernier mot… et il le fait avec éclat !
Le quatre cylindres : star malgré lui
Difficile de trouver un autre moteur aussi populaire que le quatre cylindres. Surtout à l’aube de l’ère électrique où l’efficacité, la polyvalence et les émissions réduites sont les maîtres mots. Pas étonnant que même les irréductibles amateurs de V8 commencent à lorgner du côté de ces petits blocs capables de faire frémir la gomme tout en restant dans les bonnes grâces des réglementations européennes.
Les constructeurs s’y mettent tous : la future Mercedes-AMG C 63, par exemple, va délaisser son V8 pour adopter un quatre cylindres hybride rechargeable. La chasse aux émissions de CO2 n’épargne personne !
Des sportives qui pulvérisent la concurrence
Côté sportives, le quatre cylindres n’a jamais été aussi puissant. Oubliez vos souvenirs de compactes un peu fades : aujourd’hui, de véritables monstres de puissance sortent des usines, sans passer par la case dragster ou compétition.
- Porsche 718 Cayman et Boxster GTS (2018) : Quatre cylindres à plat de 2,5 L, 365 ch, 420 Nm de couple, et un 0 à 100 km/h en 4,6 secondes pour 290 km/h en pointe. Il servait de « maillon » entre la version de 300 ch et la GT4 de 420 ch. Depuis 2020, c’est un flat-six qui tient la vedette en GTS, mais le quatre cylindres vit toujours sa meilleure vie sur les versions S à 350 ch.
- Volvo S60/V60 Polestar (2017-2018) : Avant l’électrification massive de la gamme Volvo, ces modèles accueillaient un 2,0 litres de 367 ch et 470 Nm sous le capot, permettant de passer de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes et une vitesse bridée à 250 km/h. Désormais, le porte-étendard est un Polestar hybride de 405 ch cumulés.
- Mercedes-AMG A 45 (génération précédente, moteur M133) : D’abord 360 ch puis 381 ch en 2,0 litres, pour 475 Nm et un 0 à 100 en 4,2 secondes. Cette évolution s’est faite avec l’apport d’un système de refroidissement inspiré du V8 de la SLS AMG. Ce n’est pas de la triche, c’est de l’ingénierie !
- Ford : Le 2,3 litres produit à Valence est un touche-à-tout : on le retrouve dans le Bronco, la Mustang, les Lincoln MKC/Corsair… Mais surtout dans la Ford Focus RS (fin de production en 2019) à 350 ch et 475 Nm. Mention spéciale à la Dallara Stradale, qui porte la puissance à 400 ch (et 500 Nm) : 0 à 100 en 3,2 s pour une voiture de 855 kg ! La version Stradale EXP pousse jusqu’à 500 ch et 700 Nm, mais reste réservée à la piste.
- Mercedes-AMG A 45 (génération actuelle, moteur M139) : Place à la bête : 387 ch, voire 421 ch et 500 Nm dans la version S (la seule commercialisée en France). Fabriqué à la main, il est monté à 180° par rapport à la génération précédente, associé à une transmission intégrale et une boîte à double embrayage à huit rapports. Résultat : le 0 à 100 en 3,9 secondes, 270 km/h en pointe. Un monstre de technologie made in Affalterbach !
Hors Europe : la fureur nippone et la légende Evo
Évidemment, il y a des outsiders qui refusent de se laisser distancer… même du côté du Soleil Levant ! Impossible de ne pas citer la redoutable Subaru WRX STI, dont l’édition spéciale S209 (2019, 200 unités pour les USA) profite du bloc EJ257 porté à 346 ch et 450 Nm. Caisse élargie et optimisée, performances revues, la S209 reste la WRX quatre cylindres la plus puissante jamais produite.
Mais la couronne revient à la Mitsubishi Lancer Evo X FQ-440 MR ! Proposée uniquement au Royaume-Uni en 2014, cette version ultime développe 446 ch et 559 Nm grâce au célèbre 4B11T : un 2,0 L turbo tout sauf timide, préparé avec amour et pièces spécifiques (turbocompresseur HKS, échappement Janspeed…). Seulement 40 exemplaires blancs, chacun à transmission intégrale et boîte manuelle à six rapports. Les chiffres donnent le tournis : 0 à 100 km/h en 3,8 secondes, vitesse maxi de 252 km/h. Pas étonnant qu’elle soit devenue un véritable objet de collection, réservé à une poignée de veinards !
Conclusion : le quatre-cylindres, une longévité record
En résumé : le quatre cylindres, loin d’être un choix par défaut, s’impose comme un incontournable de la performance sportive moderne. Qu’il soit chez Porsche, chez Mercedes ou dans une mythique Lancer Evo, il cumule polyvalence, efficience, et capacité à affoler les compteurs. Avant que l’électrique ne prenne totalement le pouvoir, il est peut-être temps d’apprécier à sa juste valeur ce bloc qui a su conquérir tous les marchés… et faire taire les préjugés. La prochaine fois que vous entendez « quatre pattes », pensez-y deux fois avant de sourire : il pourrait bien venir vous déposer au feu vert !

Pierre est un passionné d’automobile et de moto depuis toujours. Il partage son expertise à travers des articles sur les dernières tendances, les essais et les innovations du secteur. Entre performance et plaisir de conduite, il fait vivre sa passion à chaque ligne.







