Fini le mythe de la galère sur la route en voiture électrique : on a passé au crible la question du temps de trajet, et, spoiler, vous pouvez ranger votre stress au garage. Tour d’horizon, chiffres à l’appui, pour comprendre pourquoi il faut arrêter de s’inquiéter sur le temps passé sur la route en VE… sauf si votre truc, c’est vraiment de traverser la France en apnée !
Le temps de trajet : vrai frein ou fausse excuse ?
Si l’on met de côté les irréductibles anti-voitures électriques – ceux pour qui l’argumentation, c’est comme la recharge rapide dans une zone blanche : introuvable – la majorité des automobilistes intéressés hésitent encore. Pas de honte à cela, les raisons, souvent légitimes, fusent : autonomie, liberté de circuler sereinement, et bien sûr, crainte du fameux rallongement de trajet à cause des arrêts recharge.
On ne va pas vous mentir, la préoccupation existe, et certains journalistes en ont même fait les frais lors d’expériences pas franchement reposantes. Mais, si l’on reprend du recul (et un café), il faut reconnaître que ce frein est largement surestimé. La vraie différence avec un trajet en thermique ? Un peu plus d’organisation, c’est tout. Une fois préparé, parfum au vent et batterie pleine, votre voyage ne prendra guère plus de temps qu’en version carburant… et sûrement pas assez pour rester coinçé dans une station-service par peur du changement.
Exception : les pros de la route
Il y a un cas à part : les professionnels de la route, ceux qui avalent 300 à 400 kilomètres quotidiens (voire plus), souvent sur autoroute ou dans des coins où la borne prend des airs de légende urbaine. Pour ce public-là, hors Tesla (réseau de Superchargeurs béton), la mission restera ardue pendant encore deux ou trois ans. La bonne nouvelle ? Le développement des réseaux s’accélère à un rythme exponentiel. Et la multiplication des bornes à destination (hôtels, restaurants) deviendra vite un allié stratégique – pour charger pendant une pause déjeuner client, par exemple. Si on en parle peu aujourd’hui, c’est pourtant l’un des leviers majeurs de la mobilité électrique de demain.
Le quotidien des automobilistes « normaux »
Mais quid de la majorité des conducteurs ? Pour ceux qui se limitent à deux ou trois grands trajets par an (vacances, week-ends prolongés, visite à la belle-famille ou roadtrip plaisir), la peur du temps « perdu » est surtout… une illusion.
- Évidemment, cela dépend du véhicule, de l’autonomie, de la rapidité de recharge et du réseau disponible… ainsi que d’un peu de chance (même chez les VE, le karma fait la pluie et le beau temps).
- Mais sur un long périple de plus de 600 km, même avec +10 % de temps, la facture baisse et la fatigue aussi : difficile de faire la fine bouche.
Un exemple concret : Lyon-Ile de Ré, en juillet, Volkswagen ID.3 Pro 58 kWh (sans pompe à chaleur, version banale de nos routes). Résultats (merci les planificateurs, même si ABRP reste toujours aussi ergonomique qu’une brique) :
- ABRP annonce 7h33 de trajet, dont 1h de recharge répartie sur 3 arrêts.
- Pour une Tesla Model 3 Standard, Chargemap propose 6h53 et seulement 38 minutes de recharge (toujours sur 3 stops). Même trajet, même pauses, mais moins de temps à bader devant la borne.
- Planificateur Tesla : 8h12 de trajet, 55 minutes de recharge – un brin pessimiste, la réalité étant sûrement plus proche des précédents résultats.
- Google Maps (référence thermique par défaut) affiche… 6h50. À trois minutes près, le challenger thermique tombe le chrono du VE Tesla, et ne creuse que 43 minutes d’écart avec la VW ID.3 !
Oui, vous avez bien lu. Traverser plus de la moitié de la France avec une poignée de minutes d’écart entre thermique et électrique, c’est loin d’être la révolution du siècle. Sans compter que Google ne considère pas les pauses carburant (pour les rares dieselistes qui font 700 km d’une traite) ni les pauses pipi/café déjà recommandées toutes les deux heures… qui tombent pile pendant les recharges en VE. Magique !
Les limites : l’envers du voyage parfait
Attention toutefois : le voyage « test » prévoit une arrivée avec 10 % de batterie. Juste assez pour aller chercher le pain, pas pour le tour de l’île. Il faudra donc prévoir un hébergement avec borne de recharge ! Un impératif de plus à intégrer, mais loin de l’insurmontable si l’on anticipe.
Par ailleurs, rares sont les extrémistes du volant qui assurent pouvoir avaler 7 heures non-stop « pour gagner du temps ». La plupart des conducteurs s’arrêtent naturellement deux fois sur un long trajet, rien que pour le café, un repas ou une pause nature. Les arrêts recharge se calquent donc très simplement sur ce rythme biologique. Autrement dit : vos pauses ne rongent pas votre emploi du temps.
Seuls points noirs sur la route des vacances en électricité : la fiabilité et disponibilité des bornes. Oui, les files d’attente existent lors des grands départs, et un point de recharge unique peut transformer la borne en espace de convivialité forcée… Mais tout ceci n’est qu’une question de temps et de développement du réseau.
Au final, pour que le nirvana électrique devienne notre réalité quotidienne, il faut que chaque acteur y mette du sien :
- Opérateurs : fiabiliser et densifier les réseaux au plus vite.
- Hébergeurs et restaurateurs : installer des bornes à destination.
- Tesla : ouvrir son réseau à toutes les marques (ça va secouer le marché !)
- Développeurs d’applis : affiner encore la qualité des données de planification.
- Automobilistes : s’acculturer joyeusement pour préparer et planifier ses trajets électriques.
Le bilan ? Pour qui prépare bien son voyage et accepte qu’une pause soit aussi synonyme de détente, rouler en électrique ne prend guère plus de temps… et tout cela pour des trajets souvent plus économiques, plus sereins, et moins fatigants. Finalement, l’avenir n’attend que ceux qui osent l’essayer : à vous de jouer !

Pierre est un passionné d’automobile et de moto depuis toujours. Il partage son expertise à travers des articles sur les dernières tendances, les essais et les innovations du secteur. Entre performance et plaisir de conduite, il fait vivre sa passion à chaque ligne.







