Et si louer une voiture essence devenait bientôt aussi rare que trouver une cabine téléphonique en 2025 ? Dans le viseur de la Commission européenne : une révolution qui promet un sacré coup de chaud (ou de jus) dans le monde de la location automobile ! Plongée dans un projet qui, s’il se réalise, pourrait bouleverser à la fois les loueurs, les entreprises… et nos habitudes sur les routes.
Un projet électrique qui secoue les loueurs
C’est le tabloïd allemand Bild qui a allumé la mèche : selon ses sources, la Commission européenne préparerait une mesure inédite. Dès 2030, seuls les véhicules électriques pourraient rejoindre les flottes des sociétés de location et des grandes entreprises. Plus question d’acheter d’essence ni de diesel – enfin, si la législation suit son chemin. Un scénario encore officieux, mais dont une proposition devrait émerger à la fin de l’été 2025.
Ce scoop n’a pas tardé à refroidir l’ambiance (ironiquement !) chez les spécialistes de la location, tels que Sixt, qui voit dans cette potentielle obligation une vraie secousse pour le secteur. Le projet s’inscrit dans la lignée d’une consultation lancée par la Commission européenne fin février 2024. Objectif affiché : réfléchir aux « initiatives de décarbonation des flottes d’entreprise », et pourquoi pas instaurer des quotas électriques, bien avant la grande interdiction des moteurs thermiques prévue en 2035.
Pourquoi cibler les loueurs et les entreprises ?
L’enjeu est de taille, et la Commission européenne ne s’en cache pas. Dans un appel à contributions datant du 25 juillet, elle rappelle le caractère urgent de décarboner le transport routier. Les constructeurs automobiles, eux, réclament des volumes de vente conséquents en véhicules à zéro émission pour franchir le cap.
Pourquoi insister sur les flottes professionnelles ? Parce qu’elles comptent pour environ 60% des nouvelles immatriculations !
- Les véhicules des entreprises alimentent ensuite une large part du marché de l’occasion.
- Si les loueurs et sociétés investissent massivement dans l’électrique, la quantité de véhicules propres disponibles d’occasion grimpera d’autant plus vite.
- À l’inverse, un manque d’adoption de ces véhicules chez les pros retarde leur arrivée sur le marché pour tous.
La Commission estime d’ailleurs que sans un signal fort à l’échelle européenne, ce cercle (pas très) vertueux risque de tourner en rond … Elle évoque même « une action urgente nécessaire avant 2030 » dans le même document.
La riposte des loueurs : gros bémol et début de débat
Sur le terrain, les loueurs comme Sixt tirent la sonnette d’alarme, chiffres à l’appui. 61% des bornes de recharge publiques sont concentrées entre l’Allemagne, la France et les Pays-Bas (dixit l’UE), laissant des régions entières – hello la Méditerranée ! – en mal de branchement. Pour Nico Gabriel, du conseil d’administration de Sixt, le constat est clair : rendre obligatoire l’achat de 100% de véhicules électriques dès 2030 serait « irréalisable dans ces conditions ».
Par ailleurs, Sixt souligne que les touristes hésitent déjà à louer une électrique à cause du manque de bornes rapides et accessibles. Imaginez faire un aller-retour aéroport sur la journée… et finir par payer un supplément parce que la batterie n’a pas tenu ! Un client ironise d’ailleurs sur le fait qu’il faut désormais surveiller sa jauge et payer par tranches de 10% de batterie déchargée – ambiance.
Des réactions politiques opposées, et encore des zones d’ombre
Ce projet, s’il se confirmait, ne fait pas l’unanimité. Outre-Rhin – sans grande surprise – le débat est déjà lancé. Friedrich Merz, chancelier allemand, a taclé l’idée, la trouvant « complètement déconnectée des nécessités actuelles en Europe ». Pour lui, il faut rester ouvert à toutes les technologies et ne pas miser tout sur l’électrique tant que la maturité n’est pas là (et l’industrie automobile, c’est sacré !).
Côté français ? Pour l’instant, silence radio. L’Hexagone n’a pas encore fait de cet éventuel projet un sujet d’actualité, mais nul doute que les discussions ne sont qu’à leurs débuts.
Alors, cap sur l’électrique dès 2030 pour tous les loueurs ? Rien n’est joué. Si la proposition voient bien le jour à l’été 2025 et passe la case adoption, chaque État membre devra déployer la mesure à l’identique. Les voitures thermiques pourraient toujours être louées, mais leur présence s’effacerait progressivement, jusqu’à devenir marginale… Comme une vieille cassette audio oubliée au fond de la boîte à gants.
À suivre donc… et d’ici là, mieux vaut prévoir son itinéraire (et ses pauses recharge) avant de louer sa prochaine voiture pour les vacances !

Pierre est un passionné d’automobile et de moto depuis toujours. Il partage son expertise à travers des articles sur les dernières tendances, les essais et les innovations du secteur. Entre performance et plaisir de conduite, il fait vivre sa passion à chaque ligne.







